Débat urgent sur les femmes et filles en Afghanistan au Conseil des droits de l’homme


Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU va tenir un débat urgent sur la situation des femmes et des filles en Afghanistan depuis la prise de pouvoir par les talibans, a indiqué vendredi 24 juin un porte-parole.

Le débat, qui doit se tenir le 1er juillet, a été demandé par des pays de l’Union européenne, dont la France qui assume jusqu’à fin juin la présidence semestrielle du Conseil de l’UE, dans un courrier au président du Conseil Féderico Villegas. Ils y dénoncent «la détérioration significative» de la situation des droits humains des femmes et des filles en Afghanistan depuis août 2021. Les pays signataires de la lettre ont aussi l’intention de soumettre une résolution au Conseil.

Une «oppression systémique institutionnalisée»

La situation des femmes et des filles en Afghanistan s’était beaucoup améliorée en matière d’accès aux soins, au travail et aux études, après l’invasion du pays fin 2001 par les États-Unis et leurs alliés et l’élection d’un gouvernement démocratique. La prise de pouvoir par les talibans en août 2021 a remis la plupart des droits conquis en question. Le 15 juin, la Haute-commissaire aux droits de l’Homme a critiqué «l’oppression systémique institutionnalisée» exercée par le régime taliban sur les femmes et les filles afghanes, dont elle jugeait la situation «critique.» Michelle Bachelet a critiqué en particulier le «fléau des inégalités de genre» qui sévissent dans le pays depuis le retour des talibans.

Des dizaines de milliers d’écolières ont été exclues des écoles secondaires afghanes, alors que beaucoup de femmes occupant des postes de fonctionnaire n’ont pas pu reprendre le travail. Les femmes se sont également vues interdire de voyager seules et ne peuvent se rendre dans les parcs et jardins publics de Kaboul que certains jours, les autres étant dévolus aux hommes. Le mois dernier, le chef des Talibans Hibatullah Akhundzada déclarait qu’en règle générale, les femmes devaient rester à la maison. Celles-ci se sont vues imposer le port du voile intégral, couvrant le visage, pour toute sortie en public.

Les sévères restrictions imposées à la liberté de mouvement des femmes «impactent négativement presque tous les aspects de leurs vies, y compris la capacité des femmes et de leurs enfants à accéder aux services de santé, moyens de subsistance, et à l’aide humanitaire» a souligné la Haute-commissaire. Ce dernier point suscite de vives inquiétudes dans un pays devant faire face à l’effet conjoint de profondes crises humanitaires et économiques, et où 93 pour cent des foyers souffrent d’un niveau élevé d’insécurité alimentaire. »



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