Quand Zidane avait «les glandes» contre Domenech en 2006


L’ancien n°10 des Bleus n’avait pas digéré une décision de son sélectionneur.

Dans l’entretien fleuve et passionnant accordé à L’Equipe à l’occasion de ses 50 ans, Zinédine Zidane évoque son retour en équipe de France en 2005 et la Coupe du monde qui a suivi. Sur son envie de retrouver le maillot bleu raccroché après l’Euro 2004, il détaille : «Il (Domenech) est venu me voir. OK. Mais c’est mon envie de revenir qui m’a fait revenir ! Point (…) Il y a eu d’autres éléments plus irrationnels… Mais pour s’en tenir au rationnel, c’est moi. Nos discussions avec Lilian (Thuram) et Claude (Makelele). Ce manque des Bleus. Je reviens, je remets le maillot et c’est reparti. C’est magnifique.»

Si son retour procure une vague d’enthousiasme au sein du groupe tricolore et chez les supporters en vue de la Coupe du monde en Allemagne, son début de tournoi est difficile. «C’est compliqué. Je suis suspendu le troisième match, qui est décisif face au Togo (2-0). Il faut gagner, raconte-t-il. On a mal démarré la compétition. Je sors lors du deuxième match face à la Corée du Sud (1-1)…»

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Un coaching qu’il a du mal à comprendre : «il (Raymond Domenech) me sort pour faire entrer David Trezeguet (90e + 1). Mais qui va le faire marquer, David ? Ce n’était pas clair. J’ai les glandes et je le lui fais savoir. Il y a plein de choses qui s’étaient aussi passées, avant. Des histoires racontées sur mon retour qui n’étaient pas la réalité. J’ai décidé de tracer mon truc à ce moment. On a même décidé de tracer notre truc ensemble. Et ça allait le faire. C’était lancé».

Les bruits faisant état de cadres ayant pris la main sur le vestiaire durant le tournoi étaient vrais. «On avait pris les clés. À 100 %, confirme «Zizou», 16 ans plus tard. On était entre nous, chaque avant-veille de match. On avait trouvé un lieu pour nous. C’était exceptionnel. On faisait venir des merguez de Berlin parce qu’il paraît que c’étaient les meilleures ! Des moments magnifiques, pendant quatre heures à table. Il y a eu une vraie cohésion. C’était dans une petite auberge perdue, à quelques kilomètres de notre hôtel. Une ambiance fabuleuse.»

Blessé face au Brésil

Avant le triste épisode du coup de boule sur Materazzi et la défaite en finale, Zidane et les Bleus vivent un moment fabuleux face au Brésil. Sans doute le meilleur match du n°10 en sélection. «L’un de mes plus beaux matches en bleu, effectivement. Et que je joue blessé, confie-t-il. Je me blesse en fait contre l’Espagne. Je me blesse en marquant le troisième but en fin de rencontre. J’ai une boule sur la cuisse. Presque personne ne l’a su. Je passe des examens. Ils me disent que je ne joue pas contre le Brésil… Je dis : “Quoi ? Hors de question que je ne puisse pas jouer contre le Brésil !” Le staff médical a tout fait pour que je joue parce que je voulais absolument jouer ce match. Et j’ai joué ! Chaque match pouvait être mon dernier. J’avais tellement ça dans la tête qu’il était impossible que je ne joue pas contre le Brésil. Je voulais profiter de chaque seconde.»

La fête qui suit est mémorable, Zizou le timide se lâche dans le vestiaire de Francfort : «moi, monter sur une table et danser, il faut vraiment que ce soit exceptionnel ! Dès qu’il y a deux personnes, je ne peux plus le faire… Alors devant quarante, il faut vraiment que ce soit l’euphorie. Quand on revoit les images qui sont sorties, on voit l’ambiance entre nous. C’est la magie. (Franck) Ribéry avec Jacques Chirac, c’est énorme ! Franck apostrophait le président comme si c’était un copain du quartier. On a rigolé. Je n’y croyais pas à côté !»



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