permettent-ils vraiment de faire mieux aux examens ?


Utilisés pour booster la mémoire et la concentration, certains médicaments sont couramment utilisés par les étudiants. En définitive, peu de bénéfices et beaucoup de risques.

Pandémie ou pas, les examens sont là. À l’approche de l’échéance, certains étudiants comptent sur des médicaments pour booster leurs capacités d’attention et de mémorisation. Un phénomène répandu sur les bancs de la fac. En 2016, une enquête de l’Inserm signalait qu’un tiers des 1 700 étudiants de médecine interrogés ont déjà consommé ce type de produits, et il est probable que ce nombre est en hausse.

De quoi parle-t-on ? De trois catégories de molécules dites « psychostimulantes » : les compléments alimentaires ; certains traitements sur ordonnance ; et les drogues illicites. Vendus librement en pharmacie, les produits à base de caféine ou de vitamine C per­mettent, selon leur fabricant, de booster ses ­fonctions cognitives. « Inoffensifs pour la santé, ces cocktails ne sont pas étudiés par la littérature scienti­fique. Leurs effets sont plus de l’ordre du placebo que d’un réel impact sur les fonctions cognitives », observe le Dr Girault, neurobiologiste et directeur de ­recherche à l’Inserm et à Sorbonne Université.

Ritaline et modafinil

Certains étudiants ne s’arrêtent pas aux vitamines. Selon le sondage de l’Inserm, 6,7 % des interrogés employaient des médicaments détournés. Des traitements prescrits en France contre les troubles de ­l’attention chez l’enfant comme le Méthylphénidate (Ritaline) ou le Modafinil employé en cas de narcolepsie et d’hypersomnie. « Ils agissent sur deux neurotransmetteurs, la dopamine et la noradrénaline, qui augmentent le processus d’éveil, d’attention et de ­mémorisation », explique le médecin. « Ils sont effi­caces contre les troubles pour lesquels ils sont prescrits, mais sont déconseillés en dehors de ce cadre. » Ce que confirme le Dr Delabrousse-Mayoux, neurologue à Bergerac. « Non seulement ils n’ont pas d’impact sur la mémoire et la capacité d’apprentissage chez les ­patients sans pathologie, mais surtout ils peuvent ­entraîner des complications gravissimes. La Ritaline est contre-indiquée en cas de dépression et de malformations cardiaques. La littérature scientifique ­rapporte notamment le cas de deux étudiants ayant pris ce psychostimulant qui ont par la suite été victimes de complications vasculaires. Ils étaient porteurs de malformations cardiaques sans le savoir. » Ce n’est pas tout. « Selon le dosage et la fréquence, ces traitements se répercutent entre autres sur le sommeil », instruit son confrère. « Et le déficit en sommeil entraîne une ­diminution des capacités cognitives. L’usager entre dans un cercle vicieux. Il n’y gagne rien, voire il s’y perd ! »

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Sans surprise, les drogues comme la cocaïne ou les amphétamines sont, elles aussi, fortement ­déconseillées. Comme l’indique le Dr Girault, « les stupéfiants ont des effets plus rapides et plus prononcés que la Ritaline ou le Modafinil. Ils ont à peu près le même mécanisme, mais entraînent un risque d’addiction important », sans parler des risques cardio-vasculaires et psychiatriques.

Le seul moyen de booster ses capacités est d’adopter une vie saine. « On a vu chez des patients présentant des problèmes de mémoire que la pratique d’une activité sportive permettait d’améliorer les performances cognitives. De même pour l’alimentation saine, un bon sommeil et la gestion du stress à travers le yoga ou la méditation », assure le Dr Delabrousse-Mayoux. Mais surtout, la clé c’est l’entraînement. Gérer son emploi du temps, réviser régulièrement, et à l’avance, permettent de faire travailler sa mémoire. C’est aussi simple que cela !



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