Le directeur de l’IHU de Strasbourg démis de ses fonctions, après un signalement au PNF


Le conseil d’administration de l’IHU de Strasbourg a démis de ses fonctions jeudi 23 juin son directeur général Benoit Gallix sur fond de vives tensions, après un signalement fait par celui-ci au parquet national financier (PNF), a-t-on appris de sources concordantes.

À VOIR AUSSI – Crise de l’hôpital: à Cherbourg, Macron annonce une «mission flash» sur les urgences

«Nous avons décidé d’arrêter le mandat que (Benoit Gallix) a en tant que directeur général de l’IHU à effet immédiat», a indiqué à l’AFP le président du conseil d’administration de l’IHU, Philippe Richert. Selon l’ancien ministre et ancien président de la région Grand Est, cette décision a été votée «à l’unanimité, moins une voix contre et une abstention». Dans un communiqué, le Pr Gallix, dont le mandat courait jusqu’à fin 2023, a pris «acte de la décision du conseil d’administration», évoquant une «mesure de représailles directe» contre le signalement effectué lundi au PNF «sur des faits susceptibles de revêtir diverses qualifications pénales».

Ce signalement, dévoilé par l’hebdomadaire Marianne, porte essentiellement sur les flux financiers entre l’IHU et l’Ircad, l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif de Strasbourg, dirigé par le Pr Jacques Marescaux, qui a aussi dirigé l’IHU jusqu’en 2020. Un ancien projet d’hébergement de patients est également concerné.

Climat de défiance et manque de confiance

Interrogé par l’AFP, le PNF a confirmé avoir reçu ce signalement, sans faire davantage de commentaires, et décidera ultérieurement de l’ouverture ou non d’une enquête. «J’ai attiré l’attention des membres du Conseil sur le fait que la loi me protège comme lanceur d’alerte dans le cadre de mes fonctions, ce qui n’a pas eu l’air de les faire réfléchir», a indiqué à l’AFP le Pr Gallix, assurant avoir fait en amont de nombreux signalements en interne et auprès de l’État restés sans effet.

Philippe Richert, président de l’IHU depuis début avril, a affirmé pour sa part que la procédure de licenciement de Benoit Gallix avait été engagée avant le signalement au PNF, à cause d’un «climat de défiance», d’un «manque de confiance totale» et de «problèmes financiers» avec des «dépenses non autorisées». De son côté, l’Ircad compte «saisir le procureur de la République de Strasbourg d’une plainte pour dénonciation calomnieuse» et évoque «une tentative» de Benoit Gallix «de vouloir instrumentaliser la situation pour faire obstacle à sa révocation».

Spécialisé dans la chirurgie guidée par l’image des pathologies de l’appareil digestif, l’IHU de Strasbourg a été fondé en novembre 2011 à la fois par des acteurs publics, comme l’Université de Strasbourg et les Hôpitaux universitaires de Strasbourg, et des acteurs privés, comme l’Ircad ou la fondation ARC pour la recherche sur le cancer. Il existe six IHU en France: trois à Paris, un à Strasbourg, un à Bordeaux et un à Marseille, dirigé pour encore quelques mois par le controversé Didier Raoult.


À VOIR AUSSI – Hôpitaux: «Tout le monde s’inquiète pour l’été», alerte Martin Hirsch



Notre Partenaire : Actu du jour

Source

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*