des voix réclament la vaccination préventive des populations à risque



D’autres se veulent plus prudents et entendent pour le moment privilégier les traitements anti-viraux ou la vaccination post-exposition.

« Il y a urgence ». Au service des maladies infectieuses de l’hôpital Saint-Louis à Paris, le professeur Jean-Michel Minola est « inquiet », confie-t-il à BFMTV.com. Il voit le nombre de cas de variole du singe augmenter quotidiennement et la capacité d’accueil commencer à saturer.

Une recrudescence inhabituelle des cas de variole du singe s’étend désormais à une quarantaine de pays, notamment en France. « Il y a un doublement des cas tous les neuf jours », explique Antoine Flahault, épidémiologiste à l’Université de Genève, à notre micro. La majorité des cas signalés depuis mai concerne jusqu’à présent des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, même s’il ne s’agit pas d’une infection sexuellement transmissible et que la transmission peut se produire par contact rapproché.

Face à cette flambée, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la vaccination préventive ces personnes dites à risque, en France. C’est déjà le cas où Royaume-Uni qui recommande déjà depuis ce mardi la vaccination des hommes gays considérés « à risque ».

Éviter que « la situation ne dégénère »

À ce jour, en France, les « cas contacts » d’une personne infectée par la variole du singe sont vaccinés post-exposition. Une vaccination « efficace » selon le professeur Minola. Toutefois, selon lui « la stratégie mise en place ne suffit pas ». En effet, il est parfois difficile d’identifier les contacts, dans les cas de partenaires multiples, et donc de les protéger et de contenir l’épidémie. « Ce sont des situations qui vont à l’encontre de la stratégie ‘tester, tracer, isoler' », concède Antoine Flahault.

C’est pour cela que Nathan Boumendil, militant de l’association AIDES en Seine-Saint-Denis, plaide pour la vaccination préventive des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, notamment ceux qui ont plusieurs partenaires. « Il faut tirer la sonnette d’alarme », explique-t-il à BFMTV.com, alors qu’il observe une augmentation « galopante » des cas.

« Si on ne met pas la pression, les pouvoirs publics se disent qu’il n’y a pas d’urgence notamment parce que l’épidémie concerne surtout une communauté », poursuit-il.

Pour Jean-Michel Minola, cette vaccination préventive pré-exposition au virus permettrait d’éviter que « la situation ne dégénère ». Selon lui, dans le cas contraire, l’épidémie « risque d’atteindre des personnes plus fragiles ».

« Pas assez de recul » sur le vaccin

Une position partagée par Antoine Flahault qui explique que cette maladie peut être dangereuse pour « les immunodéprimés, les femmes enceintes, les enfants ou les personnes ayant une maladie de peau ».

Autrement, selon lui, cette variole du singe reste plutôt bénine, ce qui lui fait considérer le rapport bénéfice/risque d’une vaccination d’une partie de la population. « Je reste réservé sur un usage trop étendu », affirme-t-il. En effet, le vaccin utilisé, commercialisé sous le nom d’Imvanex, est relativement nouveau. Par conséquent, « on n’a pas de certitude ou assez de recul sur la sécurité de ce vaccin », met-il en garde. Le premier vaccin utilisé contre la variole pouvait causer parfois de graves effets indésirables.

« On aura très vite des données avec le Royaume-Uni », affirme-t-il, expliquant préférer pour le moment les traitements anti-viraux ou vaccinaux post-exposition, en réaction, ou encore les recommandations classiques d’isolement de la personne positive et de ses cas contacts.

« Aujourd’hui, il y a d’autres problèmes donc ce n’est pas à l’agenda politique », déplore Jean-Michel Minola qui souligne l’importance de commander rapidement des doses de vaccin.



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