Une Américaine craint pour sa vie après s’être vu refuser un avortement à Malte


Une Américaine craint pour sa vie après s’être vu refuser un avortement à Malte, dont les lois sont draconiennes sur le sujet, alors que son bébé est condamné, ont indiqué mercredi 23 juin un proche et une ONG. «Elle est terrifiée», a déclaré à l’AFP par téléphone Jay Weeldreyer depuis l’hôpital où sa compagne Andrea Prudente a été admise. «On a l’impression qu’un châtiment cruel et bizarre est infligé à une femme innocente».

Le couple était en vacances à Malte lorsque Mme Prudente s’est rendue à l’hôpital à cause d’un fort saignement pendant sa 16e semaine de grossesse. Le bébé allait bien, mais elle a perdu les eaux un ou deux jours plus tard. De nouveaux examens ont montré que le placenta s’était partiellement détaché de l’utérus, mais le coeur du bébé battait encore, selon M. Weeldreyer.

Consigne leur a été donné de revenir 48h plus tard. Une troisième échographie a alors confirmé que «le liquide est parti, le bébé (…) ne va pas survivre», même si son coeur battait encore, a poursuivi M. Weeldreyer. A cause de l’interdiction totale de l’avortement à Malte, les médecins ne vont pas intervenir, a-t-il affirmé. Ce qu’a confirmé une ONG qui rendu l’affaire publique, Doctors for Choice. Et depuis, le couple attend. «Ils attendent que le battement de cœur s’arrête, ils attendent qu’Andrea fasse une fausse couche, ou ils attendent qu’elle ait une infection qui mettra sa vie en danger», déplore M. Weeldreyer, pour qui les médecins «jouent à pile ou face avec la vie de la mère». Leur compagnie d’assurance a tenté de les évacuer de Malte, mais les risques de fausse couche et de complications en vol ont rebuté tous les transporteurs.

Majoritairement catholique, Malte est le seul pays de l’Union européenne à interdire totalement l’avortement, même lorsque le foetus n’a aucune chance de survie. Natalie Psaila, de Doctors for Choice, a confirmé l’histoire du couple, que le foetus n’avait «aucune chance de survie» et que «cette situation est très dangereuse» pour la mère. «Si son état empire, le médecin devra envisager de violer la loi (en risquant quatre ans de prison) et de mettre fin à la grossesse», selon Mme Psaila, pour qui cette situation législative «ne peut plus durer».

Le gouvernement maltais n’a pas fait de commentaire. L’ONG craint la répétition d’un drame survenu en Irlande en 2012: Savita Halappanavar, 31 ans, était morte d’une infection après s’être vu refuser un avortement médical à la suite d’une fausse couche. Son décès avait scandalisé l’opinion publique et entraîné un changement de la loi.



Notre Partenaire : Actu du jour

Source

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*