l’OMC dirigée par la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala adopte des textes importants pour l’Afrique



Les 164 Etats membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont réussi à s’accorder sur un paquet de mesures allant de la suppression de subventions à la surpêche qui vide les océans, à la levée temporaire des brevets sur les vaccins anti-Covid, en passant par un consensus pour pallier l’insécurité alimentaire, un résultat arraché après d’intenses négociations lors de la 12e Conférence ministérielle de l’organisation qui s’est achevée le 17 juin 2022 à Genève.

Sujet phare de cet accord : la suppression des subventions qui facilitent la pêche illégale et la disparition des espèces surexploitées. Après plus de 20 ans de négociations, les 164 pays sont enfin arrivés à cet accord pour la durabilité de la pêche, malgré les fortes réticences indiennes. Selon une étude régulièrement citée par les experts, les subventions mondiales à la pêche se sont élevées à 35,4 milliards de dollars en 2018 – dont plus de 80% sont allés au secteur de la pêche industrielle  et sont considérées comme responsables de l’augmentation de la capacité des flottes de pêche.

Les pays en développement bénéficient d’une dérogation de deux ans dans leur zone économique exclusive (ZEE). L’OMC veut également mettre en place un fonds permettant d’aider les pêcheurs de ces pays à se tourner vers une pêche plus durable.

Le texte fait « un premier mais important pas en avant pour réduire les subventions à la surcapacité et à la surpêche en mettant fin aux subventions à la pêche non réglementée en haute mer », a souligné la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala,

« Pour la première fois, et c’est très important dans son histoire, l’OMC est entrée sérieusement dans les questions d’environnement. La vraie avancée dans l’accord sur la pêche, c’est la mise en place d’un système de notification et de monitoring. »

Pascal Lamy, ancien Directeur général de l’OMC

à l’AFP

Malgré « les limites de l’accord », l’ONG Bloom y voit « un premier pas historique pour l’océan » et « un pas de géant pour la transparence ».

Autre sujet majeur abordé : la levé pour cinq ans des brevets qui protègent les vaccins anti-Covid. Ce sujet a fait l’objet d’âpres batailles entre le lobby pharmaceutique, les pays en développement et de nombreuses ONG. Après deux ans et demi de lutte contre la pandémie de Covid-19, les Etats membres ont réussi à s’accorder plus globalement sur la facilitation du commerce des biens médicaux nécessaires à la lutte contre les pandémies. 

« Ce fut un long combat mais c’est fait. »

Ngozi Okonjo-Iweala, la Directrice générale de l’OMC

en conférence de presse

La conférence de l’OMC avait également pour ambition de s’attaquer à l’insécurité alimentaire créée par la guerre en Ukraine. La « déclaration ministérielle » de l’organisation a demandé que toutes les mesures d’urgence introduites pour répondre à des préoccupations en matière de sécurité alimentaire, comme un gel des exportations, « soient temporaires, ciblées et transparentes » et soient notifiées à l’OMC. Là encore, l’Inde avait fait part de ses réticences, avant de rejoindre finalement le consensus.

Un second texte protège les achats de nourriture du Programme alimentaire mondial et les restrictions qui pourraient être imposées par certains pays. La guerre menée par les Russes en Ukraine prive le monde de céréales et d’engrais, fait flamber les prix et menace de famine des millions de gens dans le monde.

Une réunion de l’OMC qui prend des décisions – même limitées , on n’avait pas vu cela depuis vingt ans. Un succès pour l’ancienne ministre nigériane de l’Economie Ngozi Okonjo-Iweala à la tête de l’organisation depuis 15 mois.





Notre partenaire : 24h Actu

Source

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*