avant la présidentielle, le cartel du Golfe fait la loi


Les cartels sont-ils aux commandes en Colombie ? Alors que l’élection présidentielle a lieu dans deux semaines, une organisation criminelle a terrorisé tout le nord du pays.

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Interdiction d’ouvrir les écoles et les commerces, interdiction même de sortir de chez soi sous peine de se prendre une rafale d’arme automatique… les habitants ont été intimidés par des menaces de mort envoyées directement sur leurs téléphones portables. Des barrages sur les axes routiers, des camions et des voitures incendiés, une vingtaine de morts au total. Ce confinement de la terreur a été imposé pendant 6 jours dans les provinces du nord de Medellin. Le responsable, c’est le Clan del golfo, Clan du Golfe, le plus gros cartel du pays qui avec une certaine ironie qualifie ces événements de « grève armée ».

Le cartel a pris la population en otage pour protester contre l’extradition de son chef, Dairo Antonio Úsuga dit Otoniel, l’un des plus gros barons de la drogue recherché depuis 20 ans par les autorités colombiennes et américaines. Sa tête était mise à prix 5 millions de dollars. Il a été arrêté en octobre dernier et après plusieurs mois de procédures transféré le 4 mai dernier à New York où il sera jugé pour trafic de cocaïne, extorsion, blanchiment. L’extradition est une pratique courante dans ce genre d’affaires, elle permet d’éviter que les trafiquants n’achètent leur innocence s’ils passent devant la justice colombienne souvent corrompue. Évidemment ça n’a pas du tout plu aux membres de son cartel.

Qui ont donc voulu faire une démonstration de force. Le clan del Golfo veut montrer que ce n’est pas parce que sa tête est tombée qu’il cessera d’exister. Formé d’anciens paramilitaires d’extrême-droite qui ont sévi dans le nord de la Colombie dans les années 90 et 2000, il est le principal fournisseur de toute la cocaïne consommée aux États-Unis. Selon les estimations il compte entre 2 et 3000 hommes et reste très influent surtout dans toutes ces zones rurales abandonnées par l’État… ses membres sont régulièrement accusés de collusion avec l’armée et les forces de l’ordre. D’ailleurs ces derniers jours ni la police ni l’armée n’ont réussi à faire revenir le calme dans les provinces du nord.

Le contexte est d’autant plus sensible que le pays va voter dans deux semaines. Le 29 mai, premier tour de l’élection présidentielle. Le thème de la lutte contre le trafic de drogue est bien sûr omniprésent dans la campagne. Les sondages donnent l’avantage au candidat de gauche, Gustavo Petro, profil très atypique qui à rebours de la politique sécuritaire de l’actuel chef de l’État propose une « amnistie collective » pour les trafiquants, avec un processus de désarmement et de mobilisation. À condition que l’État puisse reprendre le contrôle des territoires. Ce dont doutent beaucoup les Colombiens après cette nouvelle vague de violence déclenchée par le cartel.





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