il « n’a plus rien à faire en politique », réagit sa victime Boris Faure


« Il y a un premier sentiment de soulagement et de reconnaissance de ce que j’ai subi », réagit Boris Faure jeudi 12 mai au micro de franceinfo, après la condamnation du député ex-LREM M’jid El Guerrab à un an de prison ferme et deux ans d’inéligibilité pour l’avoir violemment frappé à coup de casque, en août 2017. L’ancien responsable du Parti socialiste estime que le député « n’a plus rien à faire en politique ». M’jid El Guerrab peut encore faire appel.

>> Législatives 2022 : le député de la majorité M’jid El Guerrab condamné à un an de prison ferme et deux ans d’inéligibilité pour agression

franceinfo : Quel est votre réaction après la condamnation de M’jid El Guerrab ?

Boris Faure : On a un jugement qui était très attendu depuis plus de quatre ans et c’est un jugement qui est à la hauteur d’une affaire qui est devenue un symbole de la violence en politique. Il y a un premier sentiment de soulagement et de reconnaissance de ce que j’ai subi, car mon agresseur, jusqu’à la dernière minute, a toujours essayé d’inverser les rôles. C’est un jugement qui portera et qui parlera à beaucoup de gens. On parle d’un parlementaire, qui plus est de la majorité, ce qui n’est pas un détail. Je rends hommage au travail de la justice. On a la chance d’avoir en France une justice que je crois, indépendante et courageuse, une justice qui a pris ses responsabilités au regard du droit.

Avez-vous toujours des séquelles, près de cinq ans après cette agression ?

On parle d’une agression qui m’a plongé dans le coma, qui a fait que pendant 48 heures j’ai été entre la vie et la mort. J’ai des séquelles qui ont été d’abord physiques, des pertes de mémoire, plus souvent des maux de tête. Les dommages sont en cours de consolidation, ils ne sont pas encore mesurés pleinement, ils vont l’être je pense dans les mois qui viennent. J’avais eu deux mois d’arrêt de travail, c’est considérable. Et j’ai, pour la vie, ce mauvais cadeau d’une cicatrice crânienne de 15 cm parce qu’on a dû m’ouvrir le crâne en deux. C’était une violence extrême, absolument extrême.

Le tribunal a condamné M’jid El Guerrab à deux ans d’inéligibilité alors qu’il envisageait de se représenter aux législatives de 2022. Est-ce une décision importante pour vous ?

C’était fondamental. D’ailleurs je pense que le véritable enjeu de cette décision de justice, c’était ça. L’inéligibilité est au rendez-vous, même si on sait très bien qu’un appel peut suspendre cette décision d’inéligibilité et que mon agresseur pourrait, s’il le décidait, aller au bout de l’élection. Je demande au pouvoir politique, à la majorité de prendre ses responsabilités vis-à-vis de cet individu qui s’est rendu coupable de faits extrêmes, de violences. Je demande aux citoyens de la 9e circonscription des Français de l’étranger de sanctionner cette personne qui n’a plus rien à faire en politique.

Pour l’instant, Renaissance (nouveau nom de LREM) n’a pas investi de candidat face à lui dans sa circonscription. Qu’en pensez-vous ?

Ça me semblerait une folie [de ne pas le faire] au regard du côté absolument dégradé de l’atmosphère politique qui est de plus en plus radicale. Il y a un besoin d’exemplarité. Qui pourrait imaginer que ce député qui m’a laissé quasiment pour mort il y a cinq ans soit encore en course pour les législatives ? Il aurait dû être débranché il y a longtemps. Il n’est que temps de le faire.





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