En Autriche, une lycéenne se bat pour briser le tabou de la santé mentale des jeunes



À seulement 18 ans, Laura Schuh a décidé, avec beaucoup de courage, de partager son histoire. Elle explique qu’avant la crise du coronavirus, elle souffrait déjà de troubles dépressifs mais les repoussait. Lorsque la pandémie éclate, elle vit avec sa famille dans un petit village de Basse-Autriche et raconte que l’enfermement, l’isolement social et les cours à distance l’ont fait sombrer peu à peu.

>> Incertitude, anxiété, deuil… Comment faire face aux effets de deux ans d’épidémie de Covid-19 sur notre santé mentale ?

« Les trois premières semaines ont vraiment été horribles, j’ai commencé à m’auto-mutiler, puis j’en suis arrivée au point où j’ai décidé de me suicider, car je ne voulais plus ressentir de douleur. Je l’ai ensuite raconté à mes parents, ils étaient totalement sous le choc. Nous avons décidé que je n’irai pas en psychiatrie car avec la crise du coronavirus, nous avions peur que je n’ai pas le droit aux visites. Mais, ensuite, j’ai été à deux doigts de faire une nouvelle tentative. Nous avons alors appelé ma psychiatre et j’ai passé deux mois dans un service de psychiatrie », explique-t-elle.

Au départ, très peu de personnes dans son village et dans sa famille savent qu’elle se trouve en psychiatrie. C’est elle qui, progressivement, va en parler à son entourage, en espérant ainsi briser un tabou.

Laura Schuh confie ne pas avoir hésité à participer à cette campagne de prévention sur la santé mentale des jeunes à travers l’Autriche, et espère ainsi aider les jeunes à en parler et sensibiliser les adultes. En particulier dans le monde de l’éducation, dont il est trop peu question. La situation est d’ailleurs particulièrement alarmante après deux ans de pandémie : une étude publiée par l’université de Krems, au nord-est de l’Autriche, il y a 5 mois, montre qu’un jeune sur deux présente des symptômes dépressifs et qu’un jeune sur six a des pensées suicidaires répétées.

Face à l’urgence de la situation, l’idée de cette campagne de sensibilisation a pris la forme d’une pétition officielle en ligne, soutenue notamment par l’ordre des médecins d’Autriche. « Aujourd’hui, il n’y a pas assez de médecins spécialisés et il y a trop peu de professionnels à même de prendre en charge les élèves dans les écoles. Améliorer cela coûtera de l’argent, mais on ne peut se permettre de faire des économies dans ce domaine« , assure ainsi Thomas Szekeres, le président de l’ordre local.

En sept jours, la pétition en ligne a rassemblé plus de 100 000 signatures, soit le seuil nécessaire pour que le sujet soit débattu au parlement, ce qui devrait être le cas dans les semaines à venir. Aujourd’hui, l’équipe de la campagne et Laura Schuh espèrent que les pouvoirs publics entendent ce message et prennent, enfin, des mesures à la hauteur de la situation.





Notre partenaire : 24h Actu

Source

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*