la Sibérie en état d’alerte en raison de feux de forêt précoces pour la saison



L’état d’alerte a été déclenché dans 77 régions de Sibérie. En quelques jours, les incendies ont déjà tué 16 personnes et détruit près de 800 maisons. Au total, près d’une centaine de départs de feux étaient recensés ce mardi 10 mai, plus de 12 000 hectares sont déjà détruits. La situation est particulièrement inquiétante dans la région de Krasnoïarsk, une ville située à 3 000 km au Sud-Est de Moscou, au-dessus de la Mongolie, entre Novossibirsk et Irkoutsk.

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Plusieurs dizaines d’incendies y sont en cours : selon les autorités russes, ils ont été déclenchés par des courts-circuits dans des câbles d’alimentation électrique. Et ensuite, le feu se propage rapidement parce que les sols herbeux sont très secs. Pour ne rien arranger, le vent est assez fort dans la région depuis plusieurs jours et limite les opérations des pompiers. Difficile d’utiliser des avions, la bataille contre le feu se déroule donc au sol. Le vent a également provoqué des chutes d’arbres et des chutes de lignes électriques. Le courant est d’ailleurs coupé en de nombreux endroits. La situation est également préoccupante à Kemerovo, un peu plus à l’Ouest près de Novossibirsk, où le principal incendie est, selon les autorités russes, une origine criminelle.

Tout ça ne plaît pas à Vladimir Poutine. Le président russe a d’autres soucis et d’autres priorités en ce moment avec la guerre qu’il a déclenchée en Ukraine. Il se passerait bien de ces incendies, au point de piquer une colère à Moscou lors d’une réunion sur le sujet, rapporte l’agence Associated Press. « On ne peut pas laisser se répéter la situation de l’an dernier, il faut combattre les incendies de façon plus efficace et plus organisée », a lâché le patron du Kremlin, avant de s’en prendre aux autorités régionales de Sibérie : « Vous avez tous les équipements et toutes les ressources financières nécessaires, comment utilisez-vous donc les fonds dont vous disposez ? ».

Des fusibles politiques pourraient sauter, alors qu’en réalité, il y a vraiment un manque de moyens face à ces incendies souvent immenses et incontrôlables.  

Et le pire est à venir, l’été n’est pas encore là. Il est délicat, comme toujours, de voir dans toute hausse ponctuelle de température, un lien avec le réchauffement. Mais tout de même : dans cette région de Krasnoïarsk, il fait cette semaine 10 degrés de plus que la normale. On annonce 29 degrés pour le 15 mai. Tout laisse donc redouter une catastrophe estivale en Sibérie.

L’été dernier, 17 millions d’hectares avaient été ravagés par les flammes, rien que dans la région de Iakoutie, à l’extrémité orientale de la Sibérie. Et ces feux gigantesques avaient relâché 16 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère, un désastre pour le climat. C’est un cercle vicieux : le réchauffement accentue le risque d’incendies, les incendies émettent du carbone, qui accentue le réchauffement. Il faut rappeler que selon le rapport scientifique Copernicus publié il y a trois semaines, l’été 2021 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe. L’année 2022 ne démarre pas bien non plus.





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