Jugé pour propagande djihadiste, le «second» d’un ancien de Guantanamo reconnaît sa radicalisation passée


Mohamed Habri, considéré par la justice comme le «second» de Saber Lahmar, ancien innocenté de Guantanamo, et jugé à son côté jusqu’à vendredi à Paris pour de la propagande djihadiste, a reconnu mercredi pour la première fois sa «radicalisation» passée.

Il s’exprimait devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, au deuxième jour du procès qui vise les deux hommes pour association de malfaiteurs terroriste délictuelle. Ils sont notamment soupçonnés d’avoir incité au départ en Syrie et en Irak plusieurs personnes en 2015.

«Propos pas défendables»

Mohamed Habri a été interrogé sur son parcours et son restaurant du quartier du Grand-Parc à Bordeaux, dont une salle aurait accueilli des prêches radicaux de Saber Lahmar. Parmi les charges pesant sur ce Français de 45 ans, des interceptions téléphoniques et des messages radicaux, notamment avec sa compagne.

La procureure antiterroriste s’est levée avant de lui dire : «Je vous avoue que je ne sais toujours pas ce que vous pensez réellement de ce que vous avez été». En début d’interrogatoire, Mohamed Habri reconnaît sa «honte» face à son «parcours très négatif» et ses «propos pas défendables» au mitan des années 2010. «Tout au long de l’information judiciaire», jusqu’en juin 2021, note la procureure, «vous dites que vous n’avez jamais été radicalisé». Un «double discours» entre hier et aujourd’hui ?

À VOIR AUSSI – Islamisme: «Ceux qui ont cette idéologie prospèrent sur nos échecs», souligne Emmanuel Macron

«Vision radicalisée»

«C’est pas un double discours, c’est une honte», répond le prévenu. D’autant qu’il «représente une religion», l’islam, qu’il s’inquiète d’avoir «salie». Il reconnaît une «prise de conscience» qui lui fait désormais dire qu’il était alors «dans une phase de radicalisation». «Dans cette période-là, j’avais beaucoup de colère», ajoute-t-il, évoquant de nombreuses difficultés personnelles.

C’était «un cercle vicieux : on se victimise, on reste dans la même sphère, le même groupe, le même quartier, et on adopte une vision (…) radicalisée», a-t-il fait valoir. La représentante du ministère public insiste, rappelant les «117 pages» d’interrogatoires au cours desquelles il aurait pu confesser cette radicalisation. «Dans ma tête, je ne me considérais pas comme radicalisé», répond Mohamed Habri. Avant de concéder qu’aujourd’hui, «en réfléchissant, en revenant dessus, on se rend compte qu’on était sur (ce) chemin».

Son avocate, Me Noémie Saidi-Cottier, intervient alors: «Ce n’est pas un gros mot, radicalisé. J’étais d’accord avec Mme le procureur, quand elle vous a poussé un peu. C’est maintenant qu’il faut vous expliquer Mohamed Habri», l’enjoint-elle. Le prévenu reconnaît une nouvelle fois cette radicalisation passée, mais dit en être sorti désormais : «Ça n’a plus rien à voir.»


À VOIR AUSSI – «Ceux qui trouvent des excuses à l’islamisme politique sont des collabos»: Robert Ménard attaque Jean-Luc Mélenchon



Notre Partenaire : Actu du jour

Source

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*