« Pas du tout sûr qu’on aura besoin d’une quatrième dose », estime Elisabeth Bouvet, de la Haute Autorité de Santé



Elisabeth Bouvet, présidente de la commission technique vaccination à la Haute autorité de santé, a indiqué ce samedi sur franceinfo qu’il n’était « pas du tout sûr qu’on aura besoin d’une quatrième dose » de vaccin contre le Covid-19. Plus de 52,2 millions de personnes ont un schéma vaccinal complet, soit 79,4% de la population française. Alors que la troisième dose sera nécessaire pour conserver son pass sanitaire après le 15 janvier, une quatrième dose est-elle nécessaire ? « Nous sommes en train d’étudier la question. Nous n’avons pas de données actuellement qui nous permettent de justifier cette mesure », indique-t-elle.

franceinfo : Pourquoi avoir autorisé un cinquième vaccin, le Novavax ?

Elisabeth Bouvet : C’est de pouvoir convaincre sur la vaccination des personnes qui ne se font pas vacciner parce qu’elles ne veulent pas recevoir un vaccin ARN messager, donc qu’il s’agit d’un vaccin de facture classique qui est fait avec une protéine, la protéine Spike, un adjuvant qui stimule l’immunité. Ce vaccin a des données d’efficacité qui sont tout à fait bonnes. On se dit que probablement, peut-être qu’un certain nombre des réticents à la vaccination accepteront cette vaccination. Le vaccin Novavax qui se fait aussi avec deux doses de vaccin à trois semaines d’intervalle.

Est-ce qu’on se dirige tout droit vers une quatrième dose ?

Nous n’avons pas rendu d’avis sur la quatrième dose. Pour l’instant, je ne suis pas du tout sûr qu’on aura besoin d’une quatrième dose. Pour nous, il est clair que le schéma vaccinal, c’est deux doses plus une dose, c’est-à-dire les trois doses. Une primo-vaccination, un rappel. Les personnes qui sont très à risque et surtout qui sont immunodéprimées, c’est-à-dire qui répondent mal à la vaccination, auront très certainement besoin d’une quatrième dose pour stimuler leur immunité, d’ailleurs on le fait déjà. Pour le reste de la population, ce n’est pas du tout certain. Nous sommes en train d’étudier la question. Nous n’avons pas de données actuellement qui nous permettent de justifier cette mesure qui va prendre en compte à la fois la durée de l’immunité obtenue avec le rappel et l’évolution épidémique. Pour nous, il n’est pas du tout dit qu’il faudrait faire cette quatrième chose.

Les nouveaux variants arrivent-ils toujours en s’affaiblissant ?

Pas forcément. C’est vrai qu’habituellement, l’agressivité des différents variants qui évoluent dans le temps va plutôt vers un amenuisement. Mais avec le Covid-19 on a vu beaucoup de choses qu’on n’avait pas vues jusqu’à présent. On ne peut pas savoir. Ce qui est important à considérer, c’est que plus on avance dans le temps, plus la population est globalement immunisée, a une certaine immunité vis-à-vis des virus, soit à cause de la vaccination, soit en plus d’une infection, ce qui fait globalement que l’immunité globale de la population augmente et que, du coup, les dégâts attendus que peut causer un virus de cette famille ont des chances d’être moins importants puisque la population va être globalement immunisée.

Peut-on atteindre cette fameuse immunité collective ?

On en a déjà eu une. L’impact des vagues successives s’amenuise. La proportion de personnes qui vont à l’hôpital à chaque fois et surtout qui vont en soins critiques diminue à chaque fois grâce à cette immunité que chacun a qui fait qu’on est protégé très efficacement actuellement des formes sévères.





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