Notre peau aussi a son « microbiote »



C’est le week-end, certains jardinent réellement, mais sachez que nous le faisons un peu tous sans le savoir. Car notre peau est très fertile pour la culture… de bactéries. Non, ne soyez pas dégoûtés, car vous le savez peut-être déjà, ces bactéries-là nous protègent. Les précisions de Géraldine Zamansky, journaliste au Magazine de la Santé de France 5, et tous les samedis sur franceinfo.

franceinfo : Une étude américaine vient de montrer comment notre visage peut contenir une grande variété de bactéries inoffensives ?  

Géraldine Zamansky : Tout à fait. D’abord, vous l’avez bien dit, il s’agit de bactéries inoffensives. On en parle plus souvent maintenant au niveau du tube digestif. Les bactéries qui composent la « flore intestinale » nous aident à digérer les aliments.

Et bien, notre peau aussi possède une « flore » particulière et protectrice. D’abord, elle « occupe la place » et complique l’arrivée de microbes agressifs. Ensuite, elle stimulerait nos défenses immunitaires pour faire face à une infection dangereuse justement.

Mais cela repose sur un équilibre subtil que ces chercheurs ont donc étudié en se livrant à une activité bien connue des adolescents. Ils ont vidé plusieurs pores de la peau du visage de 16 volontaires pour en étudier le contenu.

Et ils ont alors découvert qu’un seul type de bactéries vit à l’intérieur de chacun des pores explorés. Mais des familles différentes peuvent cohabiter à quelques centimètres de distance.  

Et alors, en quoi la découverte de cette petite vie familiale au sein de chaque pore de la peau est-elle importante ?  

Cela explique comment des bactéries a priori moins fortes que leurs voisines peuvent survivre en se mettant « à l’abri » dans un pore de la peau. Or, d’autres études ont déjà montré que cette diversité est cruciale.

On sait par exemple que la protection contre les germes extérieurs repose particulièrement sur certaines espèces. Si elles disparaissent de la peau, nous risquons davantage d’avoir des infections dangereuses. On sait aussi qu’un déséquilibre au sein de ces bactéries peut favoriser des maladies comme le psoriasis et l’acné, ou empêcher la cicatrisation d’une plaie.  

Alors cette découverte va faciliter la mise au point de nouveaux traitements ?

C’est l’espoir de ses auteurs. Leurs travaux montrent que pour corriger ce type de déséquilibre, des traitements devront agir jusqu’au fond des pores de la peau si des bactéries indésirables réussissent à s’y abriter. Mais en attendant, nous avons tous un rôle à jouer dans la préservation de cet équilibre microscopique : ne pas l’abîmer avec des produits d’hygiène trop agressifs.

D’ailleurs, je pense que nous sommes nombreux à l’avoir expérimenté ces derniers mois. Les petites plaies sur les mains cicatrisent moins facilement depuis qu’on utilise beaucoup de gel hydroalcoolique. Alors n’oubliez pas, dès que vous pouvez simplement les laver avec de l’eau et du savon, c’est mieux !  

Lire l’étude citée.





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