Une militante antispéciste condamnée pour diffamation envers Interbev


La coprésidente de l’association antispéciste 269 Life Libération animale a été condamnée jeudi 13 janvier à Paris à 1000 euros d’amende avec sursis pour diffamation envers l’interprofession de la viande Interbev, pour des propos tenus lors d’une manifestation en octobre 2016. L’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes avait porté plainte début 2017 contre une partie du discours – ensuite mis en ligne – prononcé le 28 octobre 2016 par Tiphaine Lagarde, lors d’un rassemblement devant le siège de l’organisation.

Le tribunal a relaxé la militante pour une partie des propos poursuivis, dans lesquels elle déclarait notamment qu’Interbev «[met] la guerre et le sang dans les assiettes de nos enfants», évoquant «tous ces animaux qui survivent dans des camps de concentration», ou encore des «élevages sordides où les animaux ne font que survivre». Concernant ces propos, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a estimé que s’ils sont «d’une grande violence», ils relèvent d’«une opinion» de la part d’une «militante de la cause animale» et n’imputent pas un «fait précis» à Interbev, comme le suppose l’infraction de diffamation. En revanche, le tribunal a jugé que le reste des propos poursuivis, qui dénonçaient une «propagande spéciste dans les écoles», étaient diffamatoires.

Les antispécistes s’opposent à toute hiérarchie entre espèces, notamment entre l’être humain et les animaux. «Nous ne laisserons pas les puissants lobbies de l’exploitation animale endoctriner nos enfants», «Interbev, tu devrais avoir honte, car tu uses de tous les outils des dictatures et idéologies totalitaires», avait lancé, entre autres, Tiphaine Lagarde.

Si la juridiction a souligné que le sujet était «d’intérêt général» et que ces mots avaient été prononcés dans un «contexte militant», il a relevé que la prévenue n’a fait état «d’aucun élément factuel» à l’appui de ses propos «particulièrement virulents», qui «peu[vent] dès lors s’apparenter à une attaque personnelle dirigée contre Interbev». Tiphaine Lagarde a en outre été condamnée à payer un euro de dommages et intérêts ainsi que 2000 euros de frais de justice.

Son avocat, Me Thomas Hellenbrand, n’a pas souhaité réagir faute d’avoir pu prendre connaissance des motivations de la décision. «On constate que le tribunal a prononcé une condamnation au plus bas de ce qui pouvait être prononcé», a-t-il souligné, ajoutant qu’il se réservait l’opportunité de faire appel. «Pour la filière et les éleveurs notamment, c’est un soulagement de voir qu’effectivement le droit permet d’encadrer un minimum des propos qui peuvent être tenus, pour permettre un débat serein autour de ces questions d’antispécisme et de bien-être animal», a réagi l’avocat d’Interbev, Me Pierre Morrier.



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