sept internes sur 10 dépassent le temps de travail maximal, selon le ministère de la Santé



52% des étudiants interrogés ont indiqué travailler « plus de 51 heures » par semaine.

Une nette majorité des internes en médecine travaille plus que le maximum légal fixé à 48 heures par semaine, selon une étude commandée par le ministère de la Santé et dévoilé par le Quotidien du Médecin.

Dans un hôpital déserté par leurs aînés, les carabins sont très sollicités: la situation, dénoncée de longue dates par les syndicats d’internes, est désormais confirmée par une étude OpinionWay, réalisée pour le compte du ministère entre fin juillet et fin septembre 2021, et dont l’Agence France Presse a obtenu copie jeudi.

Un maximum légal très souvent dépassé

Sur les 2.348 étudiants ayant répondu à la consultation, 70% ont indiqué avoir travaillé « plus de 48 heures » par semaine au cours des mois précédents. Le maximum légal est souvent amplement dépassé, puisque 18% ont effectué « entre 48 et 51 heures » et 52% « plus de 51 heures » hebdomadaires.

Pire, la plupart des internes font plus que leurs huit demi-journées de service obligatoires. Selon les spécialités, ils sont entre 76% (urgences) et 98% (chirurgie) à revenir exercer, le plus souvent pour deux ou trois demi-journées supplémentaires par semaine.

Des chiffres qui divergent avec ceux des hôpitaux

Le phénomène semble clairement sous-estimé par les hôpitaux: les 252 établissements interrogés en parallèle déclarent à peine 18% à 37% d’étudiants (selon les spécialités) travaillant au-delà de cette durée obligatoire, avec seulement une à deux journées en excès dans l’immense majorité des cas.

Même divergence sur les gardes de nuit et du week-end, plus fréquentes selon les futurs médecins que selon leurs employeurs. Tous s’accordent néanmoins largement sur le respect du repos de sécurité (11 heures après chaque garde ou astreinte).

Ces résultats confortent ceux de l’Intersyndicale nationale des internes (Isni), qui avait déjà fait état d’une moyenne de 58 heures hebdomadaires avant la pandémie de Covid-19.

L’organisation avait appelé à une grève en juin pour revendiquer « le décompte horaire » du temps de travail, objet par ailleurs d’un contentieux au Conseil d’Etat.



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