à Paris, des parents d’élèves « à fond derrière les profs »



Gaëlle a pris son après-midi, Véronique, sa journée. Quant à Maude, elle s’est « débrouillée » pour être là. Les trois mères de famille, qui se croisent habituellement devant la grille blanche de l’école maternelle Lahire, dans le 13e arrondissement de Paris, se sont retrouvées jeudi 13 janvier pour battre le pavé aux côtés des enseignants de leurs enfants. Un peu plus de trois kilomètres, entre le jardin du Luxembourg et le ministère de l’Education nationale, pour dire tout le mal qu’elles pensent de « ces protocoles sanitaires qui changent tous les deux jours dans les écoles ». Au niveau national, près de 38,5% des enseignants ont fait grève dans les écoles maternelles et élémentaires selon le ministère et 75% selon le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire qui évoque « une mobilisation historique ».

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C’est que « la situation n’est plus tenable ». « On a zéro visibilité, peste Véronique. Le matin, je suis incapable de dire à mes deux filles comment va se passer la journée. C’est une surprise tous les jours. Est-ce que la classe sera fermée ? Est-ce qu’elle sera ouverte ? Est-ce qu’il faudra aller se faire tester ? On est presque devenus médecins. » Gaëlle, qui donne la main à Noah, 4 ans et demi, écoute d’une oreille et acquiesce. « Je vais vous dire, c’est la première fois que je manifeste avec les enseignants. Mais la situation l’impose. Ce n’est plus possible », résume la consultante en informatique.

« On le voit, le corps enseignant de l’école de nos enfants est en train de craquer et ça n’est pas normal. Cette souffrance est insupportable. »

Gaëlle, mère de famille

à franceinfo

A l’école Lahire, « il n’y aura bientôt plus personne » pour accueillir les 72 enfants répartis dans trois classes. La directrice est en arrêt maladie depuis une semaine, tout comme l’une des cinq enseignantes. « On est en train de détruire des gens, constate Maude dont l’un des enfants y est scolarisé. Je comprends leur mécontentement, c’est ingérable d’avoir autant de changement de protocole, ça épuise tout le monde. On est à fond derrière eux. »

Véronique souligne aussi « le manque de profs remplaçants ». Cette semaine, « mes filles n’ont pas eu cours hier, elles n’auront pas cours demain ». Depuis le début de l’année scolaire, les enfants d’une classe de l’école ont déjà eu droit à sept adultes différents pour les encadrer. Et « eux aussi sont perdus ». Pull Pikachu sur le dos, Flavio, 7 ans, en primaire, demande : « Vous avez compris quelque chose, vous ? Parce que moi, je ne comprends plus rien. Les règles changent. Des fois, faut faire le test salivaire. Puis après, faut faire le test dans le nez. Je suis perdu. » Le petit groupe de l’école Lahire raconte que certains écoliers « s’amusent » à se faire des faux autotests dans la cour de récré avec des morceaux de bois…

Le long du boulevard du Montparnasse, Stéphanie Potier, institutrice de l’école Lahire, ne cache pas que « cela fait chaud au cœur de se savoir soutenus ». « Normalement, quand on fait grève, on est souvent seuls, raconte l’enseignante et mère de deux enfants. Là, certains parents d’élèves ont pris leur journée pour être avec nous. Et puis il y a aussi tous ceux qui ne sont pas là, mais qui nous ont envoyés des messages de soutien. » Elle en attend aussi de la part de Jean Castex, qui a reçu les syndicats de l’Education nationale en fin d’après-midi. Pour vendredi, un seul enseignant pour trois classes est inscrit au tableau de service de l’école Lahire.





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