Les États-Unis accusent la Chine de mener une «guerre économique» contre l’Australie


L’envoyé spécial du président Joe Biden aux Pacifiques a accusé mardi 30 novembre la Chine de «mettre l’Australie à genoux» par un barrage de sanctions qui s’apparente, selon lui, à une «guerre économique».

Kurt Campbell, coordinateur Inde Pacifique de la Maison Blanche, a fustigé, dans des remarques adressées à l’Institut Lowy basé à Sydney, des tactiques musclées de la part de Pékin dans la région. Dépeignant la Chine comme un pays de plus en plus belliqueux et déterminé à imposer sa volonté à l’étranger, Kurt Campbell a déclaré que Pékin s’était engagé dans une «guerre économique vraiment spectaculaire – dirigée contre l’Australie».

Au cours des deux dernières années, la Chine a introduit une série de sanctions punitives sur des produits australiens dans le cadre d’un conflit politique qui a plongé les relations bilatérales dans sa plus grave crise depuis Tiananmen. «La préférence de la Chine aurait été de briser l’Australie. De mettre l’Australie à genoux», a insisté Kurt Campbell.

Parmi les griefs de Pékin: la volonté de l’Australie de légiférer contre les opérations d’influence chinoises à l’étranger, de faire barrage à Huawei pour les contrats 5G et de demander une enquête indépendante sur les origines du coronavirus. En représailles, l’orge, le charbon, les minerais de cuivre, le coton, le foin, le bois de grume, les langoustes, le sucre, le vin, le bœuf, les agrumes, les céréales, les raisins de table, les produits laitiers et les préparations pour nourrissons australiens ont tous fait l’objet de sanctions chinoises.

Selon Kurt Campbell, la Chine sous Xi Jinping est «plus affirmée» et «plus déterminée à prendre des mesures considérées comme coercitives par d’autres pays». L’administration Biden a adopté une politique de «concurrence stratégique» avec la Chine, reconnaissant la rivalité entre les deux puissances tout en maintenant des liens diplomatiques afin d’éviter un risque de conflit incontrôlable.

Récemment, Joe Biden a accepté de partager avec Canberra des renseignements sur une technologie sensible pour les sous-marins à propulsion nucléaire, permettant à l’Australie d’accroître considérablement ses forces de dissuasion militaire. Cette décision intervient dans le cadre de l’alliance militaire tripartite AUKUS – dont l’objectif est de contrer l’influence chinoise dans l’Indo-Pacifique – formée par l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni et liera ces pays, selon M. Campbell, pour des générations. Il a également révélé que d’autres alliés du Pacifique pourraient participer à l’accord AUKUS. «De nombreux alliés proches sont venus nous voir, juste après l’accord, et nous ont demandé «Pouvons-nous participer? Pouvons-nous nous engager?», a assuré Kurt Campbell.



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