certains pays africains ont instauré un pass « vaccinal » ou « sanitaire »



« Passeport vaccinal » ou « pass sanitaire », c’est selon, mais dans plusieurs pays africains, il faut être vacciné contre le Covid-19 ou présenter un test négatif pour accéder à des administrations, à certains lieux ou événements. Revue de détail au Togo, au Maroc et au Rwanda.

Le 12 novembre dernier, les autorités togolaises rappelaient non seulement que « l’accès aux locaux et bâtiments administratifs » était conditionné à « la présentation d’une preuve de vaccination ou d’un test PCR valide », mais étendaient aussi la mesure au secteur culturel et touristique « afin de mettre les acteurs culturels et le public à l’abri de toute contamination après les fêtes de fin d’année ». Le pass est ainsi désormais requis dans les hôtels, dans les bars et restaurants qui organisent « des activités festives ». De même, « les professionnels en résidences artistiques » et « les professionnels et artistes sur scène et en spectacles vivants » sont soumis à ce pass sanitaire. A l’instar de leur public. 

Selon le Dr Apetsianyi Yawa, coordinatrice du Groupe technique pour le déploiement des vaccins contre le Covid-19 au Togo, qui s’exprimait le 25 novembre lors de la conférence hebdomadaire du bureau Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la mise en place du pass vaccinal a été l’un des moyens qui a permis à son pays de réaliser une prouesse. A savoir vacciner plus de 90% de son personnel soignant. Le Togo est cité en exemple en Afrique où « seul un professionnel de la santé sur quatre est entièrement vacciné contre le Covid-19″, soit « 27% des professionnels de la santé ».

Selon l’étude de l’OMS qui porte sur 25 pays, « 1,3 million de membres du personnel de santé ont été entièrement vaccinés depuis mars 2021 (et) six pays seulement ont atteint une couverture vaccinale supérieure à plus de 90% chez les professionnels de la santé, alors que neuf pays ont entièrement vacciné moins de 40% de leur personnel de santé ». « La disponibilité limitée des services de vaccination, en particulier dans les zones rurales, associée à une réticence à se faire vacciner » serait à l’origine de cette faible couverture vaccinale.

Surmonter la réticence dans l’ensemble de la population est la raison pour laquelle le Maroc a instauré un pass vaccinal. Champion de la vaccination contre le Covid-19 sur le continent, le Royaume chérifien a été pourtant le premier pays à rendre obligatoire ce document depuis le 21 octobre 2021. La mise en place du pass, qui a été accueilli par des manifestations, avait été justifiée par le fait que la majorité de la population avait reçu au moins une dose de vaccination au moment de son instauration. « Au Maroc, on peut désormais parler de pass vaccinal car nous sommes arrivés à 78% de personnes vaccinées avec la première dose et 70% vaccinées avec les deux doses », confiait alors le Dr Saïd Afif, membre du Comité scientifique de la vaccination anti-Covid, au média marocain Challenge, quelques jours avant l’entrée en vigueur du pass vaccinal.

Depuis la mi-novembre, le « pass vaccinal » a été rebaptisé « pass sanitaire » suite aux recommandations du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). Lequel avait interpellé le gouvernement (lien en anglais) après avoir reçu notamment des plaintes de citoyens désormais privés d’accès aux moyens de transports, aux administrations et aux magasins. Le pass sanitaire, contrairement au pass vaccinal, permet aux personnes qui sont en possession d’un test négatif, qui sont guéries du Covid-19 ou encore exemptées de la vaccination d’être en règle. Plus de 22 millions de Marocains au 25 novembre ont reçu deux doses de vaccin et la campagne pour une troisième dose a été lancée. 

Au Rwanda, un pass sanitaire est également en vigueur mais il concerne des événements et des lieux précis dans un pays encore soumis à un couvre-feu de minuit à 4h du matin, où les commerces doivent être fermés à 23h et où des jauges sont appliquées, entre autres, dans les administrations, les transports, les lieux de cultes ou les cérémonies, y compris familiales.

Selon les nouvelles dispositions entrées en vigueur le 15 novembre et valables jusqu’au 14 décembre, les participants à des rencontres ou à des conférences doivent être en possession d’un test négatif. Par ailleurs, les personnes qui prennent part à des événements culturels ou récréatifs doivent être dépistées ou être vaccinées. Tout comme les amateurs de saunas et autres massages. En septembre dernier, le Rwanda avait atteint l’objectif fixé par l’OMS de vacciner au moins 10% de sa population.





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