les victimes sont très jeunes et ont déjà subi des violences sexuelles, selon une étude


D’après l’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, sept filles sur dix ont subi des violences sexuelles avant l’entrée dans la prostitution.

Neuf filles sur dix embrigadées dans la prostitution étaient encore mineures et avaient subi auparavant des violences au sein de leur famille, selon une étude réalisée par l’Observatoire des violences envers les femmes de la Seine-Saint-Denis. «Ce sont 101 dossiers de victimes suivis par l’Aide sociale à l’enfance qui ont été examinés», précise au Figaro, Ernestine Ronai présidente de l’observatoire. De 7000 à 10.000 adolescents seraient concernés par ce fléau en France.

Cette étude publiée le 23 novembre, quelques jours avant la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes le 25, vise à «faire mieux comprendre et expliquer ce fléau», souligne Ernestine Ronai. Elle déplore que 99% de ces mineures aient fait face à des violences avant la prostitution, vers l’âge de 12 ans en moyenne. Avant de vendre leurs corps, le rapport note que sept filles sur dix ont déjà subi des violences sexuelles. Parmi elles, «une mineure sur huit a subi des violences sexuelles au sein de sa famille, majoritairement par leur père ou leur beau-père, pour une condamnation sur six», précise l’Observatoire.

La moitié de ces jeunes filles ont également été «covictimes» des violences conjugales subies par leur mère. «Ce qui ressort de cette étude, c’est qu’on ne tombe pas par hasard dans la prostitution. Ces adolescentes ont déjà un parcours de vie chaotique. Vulnérables et traumatisées, elles sont conduites à adopter des attitudes à risques», soutient Ernestine Ronai.

En outre, cette étude révèle que «quatre mineures sur dix n’ont pas conscience de se prostituer.» Un tiers d’entre elles banalisent ces actes. «À 25 passes par jour en moyenne, ces filles prostituées entre l’âge de 11 et 15 ans sont sous l’emprise d’un petit ami ou ex-petit ami âgés entre 18 et 25 ans», déclare la présidente de l’observatoire. Mais la majorité des proxénètes échappent à la justice, car seuls 3% sont condamnées. Une prostituée sur quatre va elle-même pratiquer le proxénétisme.

La prostitution ruine physiquement et psychologiquement la vie de ces mineures suivies par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Déscolarisées, en pertes de repères, «elles ont une image d’elles dévalorisée, notamment par leur proxénète qui souffle le chaud et le froid, entre dépendance affective et dénigrement», indique au Figaro Ernestine Ronai. Six mineures sur dix ont été hospitalisées et une fille sur quatre a tenté au moins une fois de se suicider, en entrant dans la prostitution.

Une étude similaire réalisée en 2019

En 2019, l’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis avait déjà dressé un tableau alarmant sur la prostitution des mineurs. L’étude reposait sur 19 dossiers des juges pour enfants du tribunal de Bobigny et avait analysé une quarantaine de signalements de la protection de l’enfance.

Les statistiques étaient très préoccupantes: 89% des jeunes filles «sous l’emprise» de la prostitution avaient été victimes de violences par le passé, dont 40% de violences physiques et sexuelles, perpétrées au sein du foyer. Enfin, les mères de 61% des mineures avaient été confrontées à des violences conjugales.



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