un gendarme tue une écolière en zone anglophone et se fait lyncher


Un gendarme a tué une écolière en tirant sur un véhicule où elle se trouvait dans la partie anglophone du Cameroun en proie à un sanglant conflit opposant les forces de l’ordre et les séparatistes, ont indiqué jeudi 14 octobre le gouverneur du Sud-Ouest et des ONG locales. «Nous appelons la population au calme. C’est un incident triste et malheureux», a déclaré Bernard Okalia Bilaï à la CRTV, la télévision d’État.

L’agresseur présumé a été lynché par la foule et la situation reste explosive à Buéa où des centaines de personnes ont manifesté leur colère à la suite de la mort de la fillette, selon plusieurs ONG locales.

«Une dame accompagnait les enfants à l’école. Au niveau d’un check-point, son véhicule a été interpellé, mais le chauffeur n’a pas obtempéré. Un gendarme a ouvert le feu et la balle a atteint mortellement une écolière», a précisé Blaise Chamango, responsable de l’ONG Human Is Right, présente à Buéa. «La population a réagi en lynchant le gendarme. Plus de 500 personnes sont sorties et ont marché avec la dépouille de la victime jusqu’au bureau du gouverneur. Celui-ci a tenté d’apaiser les gens en promettant des sanctions», a-t-il ajouté. Des images non authentifiées de la fillette tuée, du gendarme et de la foule en colère abondent sur les réseaux sociaux.

Un conflit qui dure depuis plus de 4 ans

Dans les deux régions Sud-Ouest et Nord-Ouest, où vit l’essentiel de la minorité anglophone d’un pays majoritairement francophone dirigé par l’indéboulonnable Paul Biya, 88 ans dont près de 39 au pouvoir, les groupes armés séparatistes et les forces de sécurité dépêchées par Yaoundé s’affrontent dans un conflit meurtrier depuis quatre ans. En septembre, une quinzaine de soldats avaient été tués dans deux attaques en cinq jours.

Les deux camps sont également régulièrement accusés par les ONG internationales et l’ONU d’exactions et de crimes contre les civils. Le conflit a fait plus de 3.500 morts et forcé plus de 700.000 personnes à fuir leur domicile depuis 2017, selon les mêmes sources. Cette insurrection avait éclaté fin 2017 après de nombreuses manifestations d’une partie de la minorité anglophone qui s’estimait ostracisée.

«Le meurtre d’un enfant, même s’il n’a rien à voir avec la crise anglophone, peut faire dégénérer la situation», a affirmé un responsable d’ONG qui a requis l’anonymat. «Le climat d’impunité dont bénéficient les forces de sécurité dans la région favorise ce type d’événements», a-t-il ajouté.



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