Publicis relève ses objectifs de croissance annuels après des résultats meilleurs qu’attendus


Au troisième trimestre 2021, le groupe français, numéro trois mondial de la communication, affiche une croissance organique en hausse de 5% par rapport à la même période en 2019.

Publicis Groupe a ouvert le bal ce jeudi des résultats financiers pour le secteur de la publicité. Le groupe français, numéro trois mondial de la communication (Publicis, Leo Burnett, Saatchi & Saatchi, Starcom, Zenith…), enregistre au troisième trimestre 2021 un revenu net de 2,6 milliards d’euros, en croissance organique de 11,2%, supérieure aux attentes du marché (7,8%). Ses activités aux États-Unis, qui représentent plus de 60% des revenus du groupe, sont en croissance de 10,9%, et les ventes en Europe ont augmenté de 10% par rapport à l’année dernière. Sur les neuf premiers mois de l’année, le revenu net de Publicis a bondi de 10,2%, pour atteindre 7,5 milliards d’euros.

L’agence de communication dépasse ses niveaux d’avant la pandémie sur la période août, septembre et octobre, avec une croissance organique de 5% par rapport au troisième trimestre 2019. En 2020, Publicis avait perdu près de 600 millions d’euros de revenu net. À la Bourse de Paris jeudi, l’action Publicis s’adjugeait 0,39%, à 56,92 euros.

Meilleures prévisions pour 2021

«Il y a une demande de plus en plus importante de nos clients, notamment Américains, pour s’équiper en données propriétaires, à l’heure où les cookies tiers sont voués à disparaître, explique Arthur Sadoun, président du directoire de Publicis Groupe. Les résultats de Sapient et Epsilon au troisième trimestre témoignent de cet engouement».

Dans un monde post-cookies tiers publicitaires, les clients des agences médias recherchent de la personnalisation à grande échelle, pour résister à l’ère de la domination des plateformes numériques. La donnée «logguée» (ou propriétaires) notamment est un Graal pour les éditeurs de sites et les annonceurs. La filiale data Epsilon (rachetée en 2019 pour 4,4 milliards de dollars), qui réunit 250 millions de profils personnalisés dans le monde (données comportementales, démographiques et transactions), enregistre par exemple une croissance de 13% aux États-Unis. À travers le CORE ID d’Epsilon, Publicis est capable de voir 56% des transactions faites par carte bancaire aux États-Unis.

À ce jour, nous n’avons observé aucun impact sur les investissements de nos clients dus à la rupture de chaîne d’approvisionnement des produits.

Arthur Sadoun, président du directoire de Publicis Groupe.

La croissance du groupe est également portée par la signature de nouveaux contrats d’envergure. Après le contrat du lancement de Disney+, Publicis avait décroché durant l’été la stratégie média de Walmart, le mastodonte américain de la distribution. «Grâce à nos résultats du troisième trimestre, nous révisions à la hausse nos prévisions pour 2021», explique Arthur Sadoun. Désormais, Publicis anticipe une croissance organique de 8,5% à 9% pour l’année, contre 7% précédemment. Avec un taux de marge opérationnel de plus de 17% et un free cash flow proche de 1,3 milliard d’euros. Le groupe table sur un objectif de 1,6 milliard d’euros de dette moyenne fin 2021.

Attentif à la pénurie des composants

Ces prochains mois, de petites acquisitions pourraient venir compléter l’offre data de Publicis. À l’image de l’adtech australienne CitrusAd, racheté par le groupe en juillet dernier pour se positionner davantage sur le « retail media ». Un pan du marché en plein boom avec la crise sanitaire qui a dopé plus encore l’e-commerce et la fréquentation des places de marché en ligne. Publicis se positionne également sur «l’advanced TV» (qui regroupe la TV connectée, les box, ect), avec le lancement de PMX Lift au deuxième trimestre. Le marché de l’«advanced TV» aux États-Unis devrait atteindre 33 milliards de dollars en 2023.

Publicis reste par ailleurs attentif à la pénurie mondiale de composants électroniques, notamment de semi-conducteurs. «À ce jour, nous n’avons observé aucun impact sur les investissements de nos clients dus à la rupture de chaîne d’approvisionnement des produits, affirme Arthur Sadoun. Nous suivons de très près ce sujet, notamment dans l’automobile où il peut y avoir des réallocations de budget en fonction des portefeuilles de marques. Mais il est encore trop tôt pour que notre industrie puisse en évaluer les potentielles conséquences».

Ces derniers temps enfin, il y a dans toutes les industries, des salariés qui se posent des questions structurantes sur leur futur professionnel. «Nous prenons ces évolutions très au sérieux. À cet égard, notre plateforme Marcel est un atout pour retenir et attirer les talents: les salariés peuvent par exemple passer d’un métier à un autre, ou bien travailler sur un projet en dehors de leur territoire», conclut Arthur Sadoun. La croissance externe de Publicis, à travers de petites acquisitions, permet notamment au groupe d’intégrer dans ses rangs des profils technologiques, data et ingénieurs, très prisés dans la course aux talents.



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