« On espère qu’il n’y aura pas que l’Éducation nationale qui rendra hommage », déclare le Snes-FSU


Une minute de silence est prévue dans tous les établissements scolaires de France vendredi 15 octobre, un an après l’assassinat de Samuel Paty.

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« On espère qu’il n’y aura pas que l’Éducation nationale qui rendra hommage » à Samuel Paty vendredi, a déclaré sur franceinfo jeudi 14 octobre Sophie Venetitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, alors qu’une minute de silence doit être observée dans les écoles, collèges et lycées en mémoire du professeur d’histoire géographie assassiné il y a un an à la sortie de son établissement de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). « C’est l’émotion qui domine », a également témoigné Sophie Venetitay, qui est également professeure de sciences économiques et sociales.

franceinfo : Comment appréhendez-vous cette journée ? Les élèves vous parlent-ils encore de ce qui s’est passé ?

Sophie Venetitay : Il y a forcément beaucoup d’émotion. On a senti l’émotion monter au fur et à mesure cette semaine parce que tous les souvenirs de cette journée sont remontés : l’effroi, la sidération, le choc. C’est l’émotion qui domine à quelques heures de l’hommage qu’on va rendre à notre collègue. Les élèves n’en parlent peut-être pas forcément spontanément mais étant donné qu’on en a beaucoup parlé ces derniers jours, on sent que les élèves commencent à avoir des questions, que jusqu’ici ils ne nous ont peut-être pas forcément posées mais demain sera l’occasion d’y répondre, d’engager la discussion avant de poursuivre tout le travail pédagogique dans les prochaines semaines et les prochains mois.

La question de la laïcité est-elle difficile parfois à aborder en classe ?

C’est parfois difficile, il ne faut pas le nier. Il peut y avoir des problèmes et des tensions mais il ne faut pas les surestimer. Il faut surtout comprendre d’où ça vient. On voit souvent arriver des élèves qui ont entendu toutes les polémiques portées sur cette question, notamment dans le champ politique, qui brouillent le travail pédagogique qu’on peut faire. Ils arrivent avec toutes ces représentations qu’on doit déconstruire pour leur montrer que la laïcité est en fait un très beau concept qui nous permet de tous vivre ensemble.

Le ministre de l’Intérieur appelle les préfets à une vigilance totale dans et aux abords des établissements scolaires à l’occasion de cet hommage. Est-ce que ça vous inquiète ?

Ça fait plusieurs mois voire plusieurs années qu’on est dans une situation où on est sous plan Vigipirate à différents niveaux, donc c’est malheureusement quelque chose dont on a presque l’habitude. On sait que demain est une journée particulière, qu’elle est sous surveillance. Ce qui nous importe, c’est de pouvoir rendre hommage à notre collègue de la manière la plus digne possible. On espère d’ailleurs qu’il n’y aura pas que l’Éducation nationale qui rendra hommage mais que ce sera tout le pays qui aura une pensée pour Samuel Paty car c’est tout le pays qui doit lui rendre hommage. (…) Chacun le fera à sa manière par un moment de recueillement, un moment de silence ou une pensée. On espère que tout le monde s’associera à cet hommage car ce qui était visé c’était aussi une certaine vision de l’école et de notre démocratie. C’est l’ensemble du pays qui doit se souvenir et faire corps ensemble pour défendre ces principes.





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