le wokisme est une «doctrine» à laquelle «la France et sa jeunesse doivent échapper»


Dans une interview au Monde, le ministre estime que cette «idéologie» venue des États-Unis a notamment conduit à l’élection de Donald Trump.

Le «wokisme», nouveau défi de la République ? Jean-Michel Blanquer estime qu’il est l’un des principaux sujets de réflexion. Au lendemain de la création d’un think tank pour défendre la «laïcité» et les «valeurs de la République», le ministre de l’Éducation nationale pointe dans une interview au Monde le danger de cette «idéologie» issue des universités américaines qui «fragmente et divise» la société.

«Je ne suis pas obsédé par le wokisme», relativise-t-il, «je suis simplement contre l’idée que l’on propose à notre jeunesse d’aborder la vie sociale en entrant dans une compétition de ressentiments». Selon le ministre, l’idéologie américaine, «aux antipodes» des valeurs républicaines, a déjà «conquis certains milieux politiques, médiatiques et académiques», en «proposant un logiciel victimaire au détriment des fondements démocratiques de notre société».

«La France et sa jeunesse doivent échapper» à cette doctrine «qui fragmente et divise», alerte-t-il. «Aux États-Unis, cette idéologie a pu amener, par réaction, Donald Trump au pouvoir», fait-il valoir. Une allusion à la potentielle candidature présidentielle d’Eric Zemmour, souvent comparé à l’ancien président américain ? Toujours est-il que le wokisme sera l’un des sujets de réflexion du nouveau Laboratoire de la République, qui «aura vocation à être utile pendant la campagne présidentielle», ne manque pas de préciser Jean-Michel Blanquer.

Sur les réseaux sociaux, les réactions vont déjà bon train : «Après l’islamo-gauchisme, le wokisme ?», réagissent certains internautes, faisant référence à la polémique déclenchée par le ministre de l’Éducation nationale en février dernier, lorsqu’il avait déclaré que l’«islamo-gauchisme» est un «fait social indubitable» qu’il faut «regarder en face».

Trois fois plus d’atteintes à la laïcité depuis la mort de Samuel Paty

Interrogé sur sa conception de la laïcité, le ministre a par ailleurs tancé ceux qui remettent en cause ce concept. «Il peut y avoir chez certains un militantisme radical pour porter des coups de boutoir» à la vision républicaine de la laïcité, «mais c’est le fait d’une minorité agissante qui a un agenda politique», tance-t-il. En février dernier, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon avait notamment critiqué à l’Assemblée la loi contre le séparatisme, affirmant que la laïcité ne doit pas être un «athéisme d’État» imposé par la contrainte.

Depuis l’assassinat barbare de Samuel Paty le 16 octobre 2020, les atteintes à la laïcité à l’école ont connu «une hausse», confie le ministre. Elles se chiffreraient à «un millier (…) remontées en un mois», soit trois fois plus qu’en temps normal. Face à cette recrudescence, Jean-Michel Blanquer encourage à «ne plus mettre les problèmes sous le tapis» et «apporter un soutien concret» aux professeurs démunis face à la difficulté d’aborder ce thème.

À quelques jours du premier anniversaire de l’assassinat du professeur d’histoire-géo, le ministre estime que «le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Samuel Paty est de ne pas reculer d’un centimètre sur (l)es valeurs» de la République. Reconnaissant toutefois une «nécessaire clarté» sur la définition accordée à celles-ci.



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