le Planning familial souligne « une sensibilisation plus grande des hommes »


Marianne Niosi, directrice du Planning familial, a indiqué jeudi 14 octobre sur franceinfo qu’il y avait « une sensibilisation plus grande des hommes des jeunes générations » à la contraception masculine. Les deux journalistes Guillaume Daudin et Stéphane Jourdain publient Les Contraceptés – Enquête sur le dernier tabou, aux éditions Steinkis. Ils ont parcouru la France à la rencontre de spécialistes et d’hommes qui choisissent d’avoir recours à cette contraception. Une pratique minoritaire, car elle reste taboue en France, mais aussi parce « la contraception masculine est très mal connue« , selon elle.

franceinfo : Quelle est la proportion de demandes de contraception par des hommes ?

Marianne Niosi : À Paris, on a trois ou quatre demandes d’hommes par mois. Mais il faut relativiser ce chiffre. La contraception masculine est très mal connue. Donc, on ne peut pas demander de l’information sur des choses dont on ignore l’existence. Quand on regarde médiatiquement ou même en termes de campagnes de santé publique, en fait, il existe très peu d’information sur ces méthodes. C’est aussi ce qu’on fait au Planning au-delà des simples réunions sur la contraception masculine. Dans toutes les réunions qu’on fait sur la contraception, on mentionne qu’il existe des méthodes qui permettent aux hommes de ne pas avoir d’enfant s’ils n’en veulent pas.

Peut-on parler de tabou ?

On peut parler de tabou. En France, on s’étonne souvent du très bas taux de vasectomie chez les hommes, alors que dans beaucoup de pays occidentaux, il suffit de traverser la Manche, il y a beaucoup plus de vasectomie chez les hommes. Oui, c’est un tabou en particulier. Je pense que c’est vraiment toute une société qui considère que les hommes, d’une part, ne s’y intéressent pas, d’autre part, ne sont pas capables, peut-être aussi que ce n’est pas leur rôle.

La question de la confiance entre les femmes et les hommes est beaucoup plus large que la simple question de la contraception. Mais nous, quand on en parle, on a beaucoup de femmes que ça intéresse puisque la charge contraceptive est lourde à porter pour les femmes.

La pilule pour les hommes va voir le jour ?

C’est drôle qu’on se concentre autant sur une pilule, puisqu’en fait, il y a plein d’autres méthodes. Ce que j’ai cru comprendre, c’est que c’est assez compliqué de faire passer l’hormone qui permet aux hommes de se contracepter, la testostérone, par la barrière de l’estomac. Elle est détruite assez vite en version digestible. Peut-être qu’on peut penser à d’autres méthodes. Chez les femmes, le patch contraceptif existe. Pourquoi pas penser à un patch contraceptif pour les hommes? Ça serait très simple d’accès et ça marcherait aussi.

Sentez-vous un changement de mentalité générationnel ?

À chaque nouvelle poussée forte de féminisme, il y a des hommes qui sont obligés de se poser des questions qu’ils ne s’étaient pas posées avant et que la société ne leur avait pas demandé de se poser. On observe quand même depuis en gros dix ans, une vague de féminisme très forte qui fait que les femmes refusent qu’on leur mette sur le dos cette charge uniquement à elles. Elles demandent une participation.

Quand on propose aux hommes de se joindre à la consultation contraception, c’est elles souvent qui poussent en disant : « Oui, je veux que tu entendes, je veux que tu saches. » Mais eux aussi, à force d’être sensibilisés, commencent à se poser la question. Donc, oui, il y a une prise en compte de ce besoin-là et peut-être une sensibilisation plus grande des hommes des jeunes générations. 





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