La vie de l’auteur de l’attentat de Boston en jeu devant la Cour suprême des États-Unis


Le gouvernement Biden va plaider mercredi devant les neuf sages pour qu’ils réinstaurent la peine de mort prononcée en première instance contre Djokhar Tsarnaev, et annulée par la suite.

Le sort de Djokhar Tsarnaev, auteur de l’attentat meurtrier du marathon de Boston en 2013, se joue mercredi 13 octobre devant la Cour suprême des États-Unis, qui s’interrogera s’il doit passer le restant de ses jours en prison ou être exécuté.

L’affaire, qui pose des questions fondamentales sur la sélection des jurés dans les crimes très médiatisées, révèle aussi les contradictions du président Joe Biden en matière de peine capitale. Le démocrate a promis pendant sa campagne de travailler pour supprimer cette sentence au niveau fédéral. Mais son gouvernement va plaider mercredi devant les neuf sages de la haute Cour pour qu’elle réinstaure la peine de mort prononcée en première instance contre Djokhar Tsarnaev.

En 2013, ce jeune étudiant d’origine tchétchène avait posé avec son frère aîné Tamerlan deux bombes artisanales près de la ligne d’arrivée du marathon de Boston, faisant trois morts, dont un enfant de huit ans, et 264 blessés. Identifiés grâce à des caméras de surveillance, les deux frères avaient pris la fuite, tuant un policier lors de leur cavale. Trois jours après l’attentat, l’aîné avait été abattu lors d’une confrontation avec les forces de l’ordre. Djokhar Tsarnaev avait été retrouvé blessé, caché dans un bateau. Il avait écrit sur une paroi qu’il voulait venger les musulmans tués en Irak et en Afghanistan.

19 ans à l’époque des faits

Lors de son procès en 2015 devant un tribunal fédéral à Boston, ses avocats avaient affirmé que le jeune homme, âgé de 19 ans à l’époque (28 ans aujourd’hui), était sous l’influence de son aîné autoradicalisé. Sans nier la gravité des faits, ils avaient plaidé pour la réclusion à perpétuité. Les jurés n’avaient pas été convaincus et avaient opté pour la peine de mort. En 2020, une cour fédérale d’appel a annulé la sentence en citant deux irrégularités. Pour elle, dans ce dossier très médiatisé, il aurait fallu interroger les jurés potentiels sur ce qu’ils avaient lu ou vu au moment de l’attentat, afin d’écarter ceux ayant déjà forgé leur opinion. De même, a-t-elle jugé, le tribunal a eu tort de rejeter une demande de la défense qui voulait évoquer un triple meurtre remontant à 2011, probablement commis par l’aîné des Tsarnaev, comme preuve de son caractère de meneur.

Alors président, Donald Trump avait vivement critiqué la cour d’appel, estimant que «la peine capitale avait rarement été aussi méritée» que pour Djokhar Tsarnaev. Son gouvernement avait adressé un recours à la Cour suprême pour faire annuler sa décision. Une fois Joe Biden à la Maison Blanche, son gouvernement aurait pu retirer cette requête, d’autant que la cour d’appel a précisé que Djokhar Tsarnaev méritait de rester en prison à vie. Mais il l’a laissée suivre son cours et une représentante du ministère de la Justice la défendra mercredi devant la Cour suprême au nom des États-Unis.

Dans un argumentaire transmis avant l’audience, l’État assure que le jeune homme «était partant pour commettre ces crimes (…) et est resté fier de ses actes». Selon lui, «le jury qui a vu une vidéo le montrant poser une bombe artisanale juste derrière un groupe d’enfants n’aurait pas changé» de décision s’il avait eu connaissance de «l’implication présumée de Tamerlan dans des crimes sans aucun lien commis deux ans plus tôt». Quant à l’exposition médiatique, «cela ne veut pas dire qu’une personne ne pourra pas juger de manière impartiale», ajoute-t-il.

«S’il y a jamais eu un dossier dans lequel il fallait demander aux jurés» ce qu’ils avaient entendu avant le procès, «c’était celui-ci», ont rétorqué les avocats de Djokhar Tsarnaev: «des commentaires inadmissibles ont inondé les médias conventionnels et les réseaux sociaux, il y a eu des appels à son exécution (…) des propos incendiaires sur sa religion et son statut d’immigré…» Ils ont reçu le soutien de psychologues spécialisés dans les préjugés et d’anciens juges et procureurs fédéraux pour qui «demander individuellement à des jurés potentiels le contenu de ce qu’ils savent est un mécanisme utile et non controversé pour former un jury impartial». La Cour suprême doit rendre sa décision avant la fin juin 2022.



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