démantèlement d’un campement de plusieurs centaines de migrants


Les forces de l’ordre ont démantelé mercredi 14 octobre un campement où vivaient plusieurs centaines de personnes, situé dans un champ à Grande-Synthe (Nord), a appris l’AFP auprès des associations et de la préfecture du Nord, confirmant une information de La Voix du Nord.

Ce démantèlement, «avec le concours de la force publique», a été décidé en application «de la décision du tribunal judiciaire de Dunkerque ordonnant l’expulsion des occupants sans droit ni titre de parcelles dit de la ferme Moret», a indiqué la préfecture à l’AFP. Selon elle, 118 personnes ont été «mises à l’abri».

«L’intégralité des personnes ont été évacuées, soit plus de 1000 personnes» et la plupart d’entre elles «sont toujours à Grande-Synthe, sur un ancien campement» à environ 300 mètres de là, a affirmé à l’AFP Marie Chapelle, coordinatrice de l’association d’aide aux migrants Utopia 56. Selon elle, le champ où étaient installés ces migrants, majoritairement Kurdes, est «labouré pour éviter qu’ils se réinstallent».

«On n’arrive pas à comprendre»

«C’est scandaleux, c’est du harcèlement. C’est essayer d’épuiser les personnes sans proposer des solutions adaptées», s’est insurgée Marie Chapelle. «On n’arrive pas à comprendre. Pourquoi tout ramasser et les repousser à côté ? À quoi ça sert ? À une époque, au moins, ils faisaient semblant de mettre tout le monde à l’abri, là, il n’y a même pas assez de places», a déploré Claire Millot de l’association Salam.

Dans un communiqué daté de lundi dans lequel il reprochait au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin d’avoir «occulté» les camps de migrants de Grande-Synthe lors de sa venue sur le littoral samedi, le maire de la ville, Martial Beyaert, plaidait pour l’ouverture de centres d’accueil sur le littoral. «Ces lieux de refuge nécessaires à la veille de l’hiver permettraient premièrement aux exilés de vivre dans des conditions dignes, mais également de sortir de l’emprise des passeurs», avait affirmé l’édile, demandant également à l’État de «tenir l’engagement pris» quant à «la distribution des repas».



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